Enfant de l’Amérique profonde, Steven Allan Spielberg est né dans l’Ohio, à Cincinnati, le 18 décembre 1946, et appartient à cette génération de
cinéastes de l'après-guerre dont on peut dire qu’ils «sont tombés dedans tous petits»…
À l’âge de 8 ans, il «commet» déjà ses premières œuvres. Il emprunte souvent la caméra
Super 8 de son «daddy» pour aller filmer dehors, loin de la tension qui règne au sein du foyer. Lorsque ses parents finiront par divorcer en 1964, l’adolescent en concevra un malaise durable dont on retrouve la trace dans son œuvre. D’autant que cette
séparation sera également géographique, tandis qu’il devra suivre son père à Saratoga, en Californie, ses 3 sœurs et sa mère resteront en Arizona.
Ces problèmes familiaux alourdissent encore le souvenir d’une enfance qui ne fut pas des plus gaie. Le jeune Steven est un
solitaire qui fuit les relations sociales avec ses petits camarades. D’origine juive, il est victime de l’
antisémitisme typique de l’époque. Son premier réflexe sera de renier ses origines, mais des années plus tard, il créera la fondation
Shoah (Foundation Institute for Visual History and Education) afin de sensibiliser les générations suivantes aux horreurs de l’Holocauste.
Image: Spielberg et ET
S’il se lance très tôt dans la
réalisation, il n’obtient pas des résultats scolaires suffisants pour intégrer une école de cinéma. Il suivra néanmoins des cours d’art dramatique à Phoenix, avant de faire par lui-même ses preuves à l’écran.
Ses difficultés relationnelles, scolaires et l’acharnement, proche de l’obsession, qu’il met à se consacrer à son art, s’expliquent sans doute par une pathologie diagnostiquée tardivement. D’après les médecins, Steven Spielberg souffrirait du
syndrome d’Asperger, un trouble du développement appartenant au spectre de l’autisme, affectant sa vie sociale, mais hypertrophiant sa sensibilité et le poussant à l’excellence dans la passion qu’il s’est choisie.
C’est avec la caméra de son père qu’il tournera son premier «vrai film», un western de 4mn,
The Last Gun, en 1959. Il n’a alors que 12 ans. Il écrit déjà lui-même ses scénarios, dessine des story-boards, s’exerce au montage et compose même des musiques pour ses films.
Deux ans plus tard, il signe
Escape to Nowhere et
Battle Squad, 2 moyens métrages sur le thème de la guerre, avant, en 1964, de réaliser
Firelight, un premier film de science-fiction de 140mn. Il a alors 18 ans et ses efforts commencent à payer. Celui qui dira «
je suis né avec une caméra collée sur l’œil» va très vite passer de l’amateurisme éclairé au professionnalisme et à la maîtrise parfaite de la discipline.