En grec ancien, le terme «
stigma» réfère aux marques de propriété que les éleveurs font sur leurs animaux et les Grecs aisés sur leurs esclaves. Rien de religieux donc; les stigma sont de simples signes d’allégeance. Le terme n’apparaît d’ailleurs qu’une fois dans le Nouveau Testament. Dans son Épître aux Galates, l’
apôtre Paul écrit: «car moi, je porte en mon corps les marques de Jésus». Cette formule est possiblement une allusion aux sévices subis au nom de la
foi, ou peut-être Paul se présente-t-il ainsi comme le serviteur du Christ, mais rien dans ce passage ne laisse supposer qu’il ait été physiquement affecté.
Un millénaire plus tard pourtant, ces «stigma» deviendront des «
stigmates». L’expression désigne désormais des
plaies apparaissant de façon surnaturelle sur le corps de croyants aux endroits où le
Christ a été meurtri durant son supplice, à savoir des plaies sur les mains et les pieds, là où ont été enfoncés les clous de la
crucifixion, à l’emplacement de la couronne d’épines. Enfin au flanc qui a supporté le coup de lance du soldat.
Image: Saint François d’Assise recevant les stigmates, 16e siècle
Les premiers cas de stigmates apparaissent au moyen âge, après qu’un prédicateur italien a reçu les stigmates en 1224. Deux ans avant sa mort, alors qu’il priait sur le mont Alverne après un jeûne de 40 jours,
Saint François d’Assise aurait eu la vision d’un séraphin cloué à une croix dont le
sang irradiait des blessures. Un jet de feu et de sang lui aurait alors transpercé les membres. Une fois la vision dissipée, le saint aurait constaté la réalité des plaies qui demeurèrent jusqu’à sa mort.
Durant les siècles suivants, quelques centaines de personnes verront ce type de blessures apparaître sur leur corps, sans que la science ni même l’Église n’arrive à trancher entre supercherie, maladie mentale, phénomène paranormal ou mystique.