150 jours plus tard, il promettra aux survivants d’y regarder désormais à deux fois avant de noyer sa création sous les eaux et, pour fêter sa nouvelle alliance avec les hommes, fera apparaître un arc-en-ciel dans les nues.
Si cette version du déluge est la plus connue, elle n’est ni la première ni la seule. Des mythes semblables existent dans de nombreuses civilisations. En Grèce, Deucalion doit se réfugier dans un coffre pour survivre aux inondations décidées par Zeus et, à Babylone, les aventures d’Outanapishtim, rapportées dans l’Épopée de Gilgamesh, constituent la source directe de l’histoire de Noé. On y trouve déjà l’arche, les couples de chaque espèce et la colombe lâchée pour estimer le niveau des eaux. Un point important distingue ces récits. Tandis qu’à Babylone ou en Grèce, le déluge est le fruit d’un simple caprice divin, dans la version Biblique, il est décidé en raison des mauvaises actions des hommes.

C’est que cette « fin du monde » a pris, entre temps, avec l’avènement du monothéisme, une coloration morale qu’elle conservera dans ses déclinaisons ultérieures. De l’engloutissement de l’Atlantide – fin du monde en miniature, aux périls liés à l’arme nucléaire, si le ciel menace de nous dégringoler sur la tête, c’est peu ou prou de notre faute.