Né le 17 novembre 1966, Ed Brubaker est l’un des scénaristes américains les plus en vue depuis quelques années, à juste titre. Venu de l’underground (il créa différentes bandes dessinées pour Blackthorne Comics, Slave Labor Graphics et Caliber Comics, dont le fameux
Detour, dont un seul chapitre fut publié), cet auteur complet a su évoluer de belle manière, apportant à l’univers super-héroïque une atmosphère noire et sensible en nuançant des séries historiques peu habituées à ce genre d’ambiance.
Il est aussi considéré comme l’un des architectes du renouveau du polar et du genre «noir» dans les
comics contemporains. Le style de Brubaker est complexe et évident à la fois, ne se perdant pas dans les fioritures et abordant des sujets difficiles ou violents sans jamais oublier la profondeur et la psychologie des personnages, exprimant souvent une vérité crue et sombre, désespérée, avec une grande humanité.
Photo: Ed Brubaker
C’est cette alchimie de l’intime et du
violent, du mental et du réel, de la mort et de l’espoir, qui fait de Brubaker l’une des plumes les plus intéressantes et novatrices du paysage actuel du
comic book. Chacune de ses reprises de séries est désormais attendue comme étant un grand événement, à l’instar d’un
Bendis.
Les qualités de ce scénariste doivent beaucoup à son expérience chez les
éditeurs alternatifs dès le début des années 90, où il écrivit et dessina des récits décalés et intimes, une période où il put travailler sa narration de manière assez libre. C’est sa pratique du
dessin qui l’a mené aussi à une telle connaissance du découpage et de la mise en scène de ses écrits par l’image.