Silent Hill Homecoming n'est pas vraiment un remake, encore moins une suite ou une préquelle. Version remaniée du premier épisode, les développeurs en ont extrait l'ambiance pour la restituer dans cette nouvelle version en évitant habilement l'écueil de la réédition odieuse. Harry Mason rentre chez lui en voiture en compagnie de sa fille Cheryl lorsqu'ils sont victimes d'un accident. La charmante gamine disparue, le père à moitié amnésique part à sa recherche dans la petite ville de Silent Hill. Le bourg, désespérément vide et recouvert de neige, va être le théâtre d'événements délicieusement angoissants.
Le retour du froid..... dans le dos.
Pour la résurrection de l'esprit Silent Hill, Climax lui a rendu ce qui avait fait de lui un grand du genre : le frisson. L'ambiance sonore frise l'excellence. Le thème ne sort pas vraiment des sentiers battus, et on retrouve un air dans le ton des prédécesseurs, mais l'effet est toujours présent. Les ennemis héritent d'un design presque quelconque, mais la mise en scène leur octroie un supplément d'aura. Musiques et rythme à leurs apparitions stressent suffisamment le joueur pour que la perfection graphique soit secondaire.
Silent hill Shattered Memories étant conçu pour la Wii, les développeurs ont calé la lampe torche sur les mouvements du wiimote, et le résultat est convaincant. Chaque sursaut influe sur l'éclairage, et on est vite emporté par la panique lors des fuites, le faisceau de la lampe se baladant de façon chaotique sur les murs et plafonds.
Cours Harry, cours !
Retrouvant une base plus horrifique, Silent Hill Shattered Memories a tablé sur l'abandon de l'arsenal. La fuite est ici la seule réelle solution pour s'extraire des griffes des créatures. La mise en scène prend toutefois le joueur par la main en lui indiquant le chemin à suivre, mais la pression fait le reste pour maintenir le frisson, car savoir où se rendre est une chose, s'en rapprocher avec des monstres qui courent derrière nous, la lumière qui sautille dans tous les sens, c'est autre chose.
Si notre bon père amnésique est rattrapé par les monstres, la fin des haricots n'est pas encore prononcée, car il lui suffit de gesticuler pour les envoyer paitre. Bien entendu, la manœuvre implique le joueur, bien immergé dans le jeu, qui doit réaliser les gestes avec son contrôleur, augmentant parallèlement la fatigue de Harry. Autant éviter d'avoir à danser Thriller donc.
Bienvenu, bien vu, Climax aurait vaincu ?
Sans s'arrêter à la réfrigération de la colonne vertébrale du joueur, Climax s'est attaché à personnaliser l'histoire. Sur la base d'un questionnaire rempli par le joueur au fil de l'aventure, lors de ses séances avec le psy, les décors changent d'une partie à l'autre, ainsi que certains personnages, à l'image de la policière qui peut passer de la brune froide et renfrognée à la blonde pulpeuse à forte poitrine. Cerise sur la gâteau, il faut reconnaître des graphismes satisfaisants qui tirent vraiment partie des capacités de la machine de Nintendo.
Finalement, si Silent Hill Shattered Memories ne créé pas vraiment la surprise par son originalité, il réussi toutefois à nous réconcilier avec la célèbre franchise de Konami. Un bon titre pour une Wii qui manque malheureusement de jeux du genre. Finalement, le principal regret serait que le développeur ne se soit pas attaqué aux plateformes HD.
David Ridel