Mass Effect 2

David Ridel

David RidelDavid Ridel, journaliste spécialisé dans la SF et le gaming depuis de nombreuses années, anime le blog Interactif consacré à l'actualité des jeux vidéo.
Il collabore également à la rédaction des dossiers de Syfy Universal, à L'Écran fantastique, ainsi qu'au magazine Geek.

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Mass Effect 2

Sauver l'univers : acte 2

04/03/2010 : La sortie d'un jeu Bioware est bien souvent un événement ludique. Le développeur américain est connu pour ses titres à succès et son savoir-faire, comme Mass Effect premier du nom l'avait confirmé en 2007. Cette suite enfonce-t-elle le clou ?

C'est bôôôô, y a Shepard qui fait dodoooo !

Tout débute quelques mois après la fin du précédent volet. Le brillant Shepard est dans son Normandy, lorsqu'il croise le chemin d'un vaisseau aussi inattendu qu'agressif. S'ensuit une introduction en partie jouable qui donne le ton et mène à la victoire de notre héros sur la mort elle-même. Cerberus en fond, c'est reparti pour un tour, en butte cette fois aux récolteurs et leur projet inquiétant.

Premier constat, la maîtrise de Bioware en matière de graphismes trouve ici son point d'orgue. D'excellente facture, les environnements, les personnages et les effets visuels sont vraiment beaux, et avec une machine actuelle, permettent aux joueurs d'en tirer le parti maximum sans la moindre saccade. Sur PC, c'est une prouesse qui mérite d'être signalée.

Après avoir créé son personnage, ou importé celui du précédent épisode, dont les choix et les influences scénaristiques ont été conservées, l'aventure peut commencer. Pour les adeptes du premier Mass Effect c'est toutefois une surprise, au léger relent d'amertume pour les puristes. Plus d'inventaire, un arbre de talents réduit à peau de chagrin, un panel de choix d'équipements amoindri, la série s'est visiblement délesté d'une bonne part de ce qui a fait son succès en 2007.
 

Burn, burn, burn !

Pourtant, nonobstant ces pertes, Mass Effect 2 compense par un compromis de bon ton. Majoritairement, le gameplay est celui d'un jeu à la troisième personne à la Gears of Wars, dont l'on retrouve le système de couverture impératif. Quelques répliques à choix multiples, renforcées par les points de conciliation et pragmatisme gagnés en fonction des choix de dialogues, donnent un aspect RPG, mais l'essentiel de l'aventure va pousser notre héros intersidéral à faire parler la poudre et les pouvoirs biotiques. On évite en outre les détours gourmands en temps de jeu, car le chemin est balisé, même si la mise en scène et le mapping donnent l'impression d'atténuer cette entorse aux libertés de déplacements.
 

Afin de lancer les recherches pour améliorer nos armes et armures, quelques matières premières sont nécessaires, récupérables sur des planètes à rejoindre aux confins de l'espace. Attention, le message n'est pas moins politiquement incorrect -c'est aussi ce que l'on apprécie- que le ton général du jeu : il est nécessaire pour s'équiper correctement de piller les ressources naturelles de pauvres planètes. Shepard 1 - Pandora 0. Ce sont néanmoins de belles petites ballades en perspective dans notre vaisseau fraîchement exhumé, même si, finalement, on a vite fait le tour.

Le premier objectif étant de réunir une équipe efficace malgré quelques côtés peu reluisant du pedigree, la première partie du jeu se déroule dans cette recherche et la récupération de ses éléments perturbés et perturbateurs. Au détour de planètes inhospitalières, Shepard et sa team glanent également quelques renseignements qui leur permettent d'associer les pièces du puzzle. Chacun des membres a d'ailleurs une personnalité vraiment bien développée, un vrai travail a été effectué pour les rendre crédibles, un effort par ailleurs couronné de succès. On déplore malheureusement un certain déséquilibre entre ce préambule théorique et l'accomplissement de ce pour quoi cette joyeuse bande est réunie. On glisse presque directement de l'embauche au dénouement, un développement intermédiaire plus long aurait été fort apprécié.
 

L'art du compromis


Ce que Mass Effect 2 a perdu de sa dimension RPG, il l'a compensé par une réalisation particulièrement soignée ainsi qu'une mise en scène captivante qui va à l'essentiel : l'aventure épique. Très bon compromis, il peut convenir à un public plus large sans toutefois se couper réellement de sa base. Passant d'un RPG d'action au TPS auréolé de RPG, ce second volet des aventures spatiales du premier spectre humain offre d'avantage de rythme, d'action, et conserve la nature un brin bourrine de Shepard.

Bioware frappe fort, encore une fois, et confirme son statut de challenger sérieux dans le monde du MMORPG avec la sortie prochaine, bien qu'indéterminée, de Star Wars Online. Avec Mass Effect 2, le développeur américain réalise un blockbuster vidéo-ludique qui mérite amplement le statut de must have et qui, s'il a perdu certains aspects de son aïeul, n'en est pas moins une suite très réussie qui a de quoi réjouir.

 
David Ridel

TAGS : david ridel, interactif, Mass Effect 2, mmorpg, gaming, game, jeu

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